Vendredi 28, je me réveille pas trop tard et décide qu’il est préférable de quitter Bangkok plutôt que de subir trop de ralentissements si les eaux arrivent en ville.
Bangkok, Krungthep, Cité des Anges, et tous les autres noms que désignent cette mégapole, est une ville que j’aime, mais pas plus de cinq jours de suite…
En général, c’est grouillant, peuplé, fourmillant, bouchonnant, insomniaque, actif, amusant, triste aussi sur certains points, mais là, une ambiance pré-apocalyptique plane. Presque difficile de trouver un taxi (50% des taxis sont repartis chez eux, hors capitale je le lirai plus tard dand les news de Thaivisa), aucun embouteillage (c’est appréciable pour le coût du taxi), Khao San Road est l’ombre d’elle même, presque vide…
J’aime m’asseoir sur la terrasse du Shamrock pub, bien au centre de cette rue, j’appelle ça ma « séance de théâtre » mais ce vendredi 27 au soir, c’est l’entre’acte, ni kateuy en folie (les transsexuels qui font leur cinéma), ni britons bourrés qui rampent d’un bout à l’autre de la rue, ni jolies allemandes qui se cherchent un compagnon de voyage… Morne! Et pourtant on n’est qu’à quatre jours d’Haloween que j’y ai vécu l’an passé avec grand amusement… Les thaïs aiment toutes les occasions de s’amuser et sortir des conventions!
Donc ce samedi 28 octobre au matin, j’arpente les quelques agences encore ouvertes pour trouver un moyen de m’échapper vers l’est… Même chez Mama Travel, la plus fiable agence de la rue, on ne sait que m’offrir ni me confirmer que Mo’Chit, le terminal de bus nord-est est encore fonctionnel… Oui, on croit que c’est encore ouvert, mais peut-être plus pour longtemps…
Le téléphone du terminal ne répond pas, je tente ma chance et prends un taxi qui m’y emmène presto.
Pas de débordement aquatique visible, mais une fréquentation frénétique et largement plus grande que dans me voyages précédents, des files d’attente aux guichets plus longues que jamais. Le bateau coule et les rats quittent le navire !
J’obtiens finalement un ticket pour Korat – Ubon Ratchasima mais dois courir pour atteindre le bus qui devrait partir dans cinq minutes… Bien installé, le bus tarde à partir et c’est finalement avec 45 minutes de retard que notre véhicule se met en route.
La périphérie de Bangkok est effectivement inondée, la route est embouteillée, les voies d’urgence des highways surélevées servent de parking de sauvegarde aux véhicules des victimes de « nam tuam » (inondations), il faudra un peu plus de six heures au lieux des 3h30 normales à notre vaisseau pour atteindre Korat, ville industrielle périphérique de la capitale et ancienne base US du temps de la guerre du Vietnam.
Là, je rejoins Doctor’s Guesthouse, que j’avais déjà fréquenté, y pose mon sac et retourne attendre Joy qui doit arriver de Sisaket vers minuit…

